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No next world …

I see skies of blue and clouds of white,
Bright blessed days, dark sacred nights,
And I think to myself : « What a wonderful world ! »
 Louis Armstrong

TRIBUNE – par Lionel RARD, fondateur, président d’ Odysseus 3.1 et entrepreneur lyonnais

Bonne nouvelle : Il n’y a pas de « monde d’après » !
Depuis des semaines, cette expression a envahi nos discussions quotidiennes. Cette fois, ça y est : il y aura un « avant » et un « après ». Fichtre !
Au mieux, cette formule n’est qu’un détournement des dogmes religieux qui nous promettent depuis des millénaires l’arrivée d’un paradis hypothétique ; au pire, il s’agit de l’activité favorite de Sapiens : la procrastination ou l’art de remettre au lendemain ce que l’on peut réaliser le jour même.


monde d'après
Photo© Lutz Peter pour Pixabay

Ah !  Les grandes résolutions des lendemains de cuite !

Souvenez-vous… 1919, au sortir de la « Der des Ders », l’humanité toute entière décide de la création de la Société des Nations pour que : « plus jamais ça ! ».
A peine 20 ans plus tard éclate la Seconde Guerre mondiale. On prend les mêmes et on recommence ! 1945, naissance de l’Organisation des Nations Unies, avec la réussite que l’on connait : guerres d’indépendance multiples, guerres  du Vietnam,  du Kosovo, génocides  russe, cambodgien, rwandais, etc…

Alors comment, en 2020, pourrions-nous croire un seul instant qu’il y aura un changement radical, un monde d’après, après cette crise sanitaire mondiale ?

Les Etats-Unis ont-ils suspendus leur retrait des Accords de Paris sur le climat ? Les présidents et conseils d’administration des firmes agrochimiques comme Bayer ont-ils décidé de stopper les écocides dont ils sont à l’origine ? Non. Au contraire…


Monde d'après
Photo© Wikiimages de Pixabay

De toutes parts, les signaux émis apportent leurs lots d’inquiétudes à qui sait les décrypter : la compagnie Space X envoie 60 satellites en orbite basse, 1er convoi d’une constellation de … 42 000 prévus ; les antennes de communication  5 G se déploient à la vitesse de l’éclair sur tout le globe ; en France, le MEDEF et l’AFEP, deux grands syndicats « décisionnaires » demandent un moratoire sur les mesures environnementales prévues par le gouvernement tandis que les agriculteurs épandent leurs pesticides à moins de 3 mètres des habitations en toute légalité  quand le président des chasseurs suggère de piéger les chats.…

Et toutes les vedettes, starlettes et autres danseuses d’opérette pourront bien appeler à un monde meilleur du sommet de leurs donjons de cristal, il n’en sera rien ! Que cela soit clair !

Et pourtant…

A bien y regarder, la Nature n’a cessé durant ces deux mois de nous rappeler qu’elle était bien présente et toujours vivante. De toutes parts, elle a, selon l’expression consacrée, « repris ses droits ».

La faune sauvage s’est épanouie durant l’absence de l’Homme ; elle a occupé à nouveau des espaces qui lui avaient été confisqués. Les observations en centres-villes se sont multipliées tandis que les animaux marins ont réinvestis leurs milieux. La pollution de l’air a chuté drastiquement et le calme s’est peu à peu établi. Les citadins ont réappris à écouter le chant des oiseaux le long des cours déserts et les ruraux aperçoivent à nouveau le sommet des montagnes sans avoir à percer une atmosphère jaunâtre… D’une manière générale, la Terre s’est reposée, elle a « soufflé ».



Que cela nous enseigne-t-il ? Que la Nature était là avant nous et sera là bien après ? Sans doute. Que l’Homme n’est qu’une espèce parmi les autres, à la merci d’une extinction aussi subite qu’inévitable ? Certainement.

Mais au-delà de ces constats de circonstance, elle nous apprend également qu’il n’y a pas plusieurs mondes ou plusieurs vies. D’ailleurs, combien de fois avez-vous entendu, autour de vous « il a changé de vie ». Vraiment ?

On a deux vies : la deuxième débute lorsque l’on comprend qu’on n’en a qu’une seule

Confucius

De cet adage nous devons comprendre qu’il n’y a qu’un monde et que notre évolution est jalonnée d’étapes. Cette crise en est une. Il y en a eu d’autres. Il y en aura d’autres.

Le monde d’après est le même que le monde d’avant.

N’attendons rien et agissons. Sans doute est-il temps qu’Homo Sapiens honore cette définition : « homme sage, intelligent, raisonnable, prudent ».

Casque sur les oreilles, je pénètre dans le parc de la Tête d’Or à Lyon et alors que je m’approche du lac, une chanson de Goldman…

« Mais y’ a toujours la Lune qui s’méfie du Soleil
Et quand tout ça changera, c’est pas demain la veille, 
Certains smatchent ou labourent, d’autres soignent ou bien peignent,
C’est à toi, c’est ton tour, qu’est-ce que t’as dans les veines ?
A quoi tu sers ? Pourquoi t’es fait ?
Terminus Terre,
Un seul ticket. »

Donner du Sens est ce que nous essayons de faire avec Odysseus 3.1.
Explorer, étudier, protéger, transmettre
Et nous le faisons maintenant.

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