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Même les corbeaux ont appris à le faire…

TRIBUNE – par Mickael GUIO, plongeur Odysseus 3.1 et entrepreneur dans les solutions de traitement des eaux

Inédite pour un tiers de l’Humanité, la pandémie de Covid19 nous a forcé à revoir nos priorités, nos modes de vie et de consommation. Elle nous a aussi révélé que, par ce silence parfois intense même en milieu urbain, la Nature, que l’on oublie trop souvent, était bien là. 


masques Covid19
Photo© Association Opération Mer Propre

Entre nos réveils incroyables aux babilles des merles et moineaux, nos rencontres animalières insolites en des endroits inattendus, nos amis nous ont surpris par leur solidarité, leur sollicitude, voire même émerveillés. Et j’y ai vu un espoir pour le monde de demain

Les masques Covid19, nouvelle pollution

Puis, doucement, la normalité destructrice a repris son cours, avec son lot de surprises. Quel effroi de constater que le naturel est revenu au galop… Et quel désarroi d’identifier une nouvelle pollution ! Hier, nous repêchions des trottinettes dans les eaux du Rhône, aujourd’hui ce sont des masques Covid19 (et des gants)…



Saviez-vous que ces petits morceaux de tissu de nos masques Covid19, utilisés seulement quelques heure avant d’être jetés dans la nature par certains, mettront au bas mot 450 ans pour se dégrader ? 

Mais avant, ils tueront des animaux qui le confondront avec une proie, en étoufferont d’autres qui se feront piéger dans les élastiques. En se déposant sur les fonds marins, ces masques peuvent également obstruer le passage de la lumière, en réduire l’action de la photosynthèse et ainsi détruire la flore, micro habitat pour des centaines d’espèces animales. 


Petite opération du dimanche dans la baie de Golfe Juan et pour une fois on a vraiment vu du beau avec ce banc de…

Publiée par Opération Mer Propre sur Dimanche 24 mai 2020

N’oublions pas que ces masques sont fabriqués d’un ensemble de produits d’origine pétrochimique (meltblown, nylon, polyester). Leur dégradation va générer des micros polluants (microplastiques), pour partie perturbateurs endocriniens, que nous retrouverons – nous et les générations futures – dans l’eau potable. Comme si il n’y en avait déjà pas assez ! 

Voilà pour la partie immédiate et surtout visible de ce qui nous attend. Mais QUID de la charge virale retenue par ces masques ? Va-t-elle se disperser dans les eaux et profiter à l’expansion du virus ? Pour l’instant, une étude IFREMER montre que la charge virale n’est pas détectable dans l’eau salée, mais plusieurs études se contredisent encore sur les eaux usées ou douces.

Le geste est pourtant très simple : gants et masques doivent être disposés dans une poubelle. Même des corbeaux ont appris à le faire !!! 



Moi qui rêvait de belles plongées dans un milieu qui a repris ses droits, j’angoisse déjà de ce que je vais voir…


masques covid19

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